Comment une bonne alimentation peut changer la santé de vos salariés ?

L’alimentation : en plus d’être un phénomène de mode, c’est surtout un moteur physique et psychologique. L’alimentation joue sur la santé de vos salariés, sur leur bien-être, leur concentration, leur moral et leur forme physique. Les résultats des entreprises sont donc bien évidement affectés par les habitudes alimentaires des salariés. Chaque année, les entreprises perdraient environ 20% de productivité à cause de ce facteur, chiffre révélé par le Bureau International du Travail.

Coup d’oeil sur des situations rencontrées chaque jour et des conseils pour y remédier…

 

« Je n’ai pas le temps de manger le midi »

En 2010, le temps moyen consacré à l’alimentation sur le lieu de travail était de 7 minutes, soit une baisse de 3 minutes depuis 1986 (1). Réunions qui s’enchainent, du travail qui n’en finit pas… Difficile dans ces cas là de prendre un repas équilibré. Par manque de temps et dans beaucoup de situations professionnelles, le déjeuner passe donc souvent à la trappe. C’est d’ailleurs le cas pour plus de 60% des cadres, des indépendants et des professions intermédiaires qui déclarent sacrifier la pause déjeuner pour se libérer du temps1. Pourtant, des solutions sont possibles pour qui veut manger sain et rapidement :

  • Un petit déjeuner copieux pour éviter les baisses de régime : boisson chaude, pain ou céréales, produit laitier, fruit. On évite les viennoiseries, riches en matières grasses et peu intéressantes d’un point de vue nutritionnel ;
  • Fractionner le repas du midi en deux collations équilibrées : à 11h une poignée d’oléagineux comme des amandes, noix, noisettes, sachet de légumes ou fruits à croquer ; à 15h, un produit laitier et une part de protéine (jambon ou oeuf dur par exemple) ou des légumineuses (pois chiches, lentilles, haricots) associés à du pain complet ;
  • Des repas maison, préparés facilement : misez sur des salades faites maison qui se préparent facilement la veille chez soi : salade de pâtes, quinoa, riz ou encore légumineuses associées à des crudités (tomates, endives, carottes, radis, concombre) ;
  • Un sandwich équilibré : de préférence fait maison en favorisant la moutarde plutôt que la mayonnaise (thon/crudités, jambon/crudités) ;
  • Equilibrez les apports de la journée : au dîner, rééquilibrez les apports de façon à combler les manques alimentaires de la journée en fibres, protéines et calcium.

 

« Je n’ai pas accès à une cuisine »

Aujourd’hui encore, 1 français sur 5 déjeune à l’extérieur quotidiennement, en raison de son activité professionnelle ou par choix personnel. Nombreuses sont donc les personnes contraintes de devoir déjeuner en extérieur. C’est d’ailleurs le cas pour certains salariés, tels que les commerciaux, chauffeurs, livreurs, taxis et auxiliaires de vie notamment. Aucun accès à une cuisine, ni frigidaire, ni micro-ondes… Alors comment faire ? Voici quelques astuces et conseils afin que tous puissent concilier simplicité, confort et diététique !

  • Accordez-vous au moins 30 minutes de pause : si vous travaillez assis, n’hésitez pas à aller marcher une dizaine de minutes. De quoi redémarrer l’après-midi sereinement ! ;
  • Se préparer un repas froid et pratique à transporter : c’est le quotidien de 35% des Français aujourd’hui !2 Profitez des restes du dîner ou d’une salade maison ;
  • Evitez les repas trop copieux au restaurant : privilégiez la formule «entrée-plat» ou «plat-dessert». Mieux vaut choisir des plats à base de poisson ou viande blanche, légumes ou purée. En dessert, on opte pour une salade de fruits ou un fromage blanc tout en limitant au maximum l’alcool et le pain. Le déjeuner au restaurant et pourtant une solution adoptée par 4% des Français aujourd’hui (2) !
  • S’installer dans un endroit calme : si la météo le permet, profitez-en pour aller déjeuner sur l’herbe ou sur un banc plutôt que dans la voiture ou en marchant. L’occasion d’ailleurs de nouer des relations avec ses collègues de bureau ! ;
  • Les bons plans : certains supermarchés mettent à disposition des micro-ondes avec la possibilité de s’asseoir (tabourets et tables hautes) pour pouvoir manger chaud et au chaud.

 

« Je travaille de nuit ou en horaires décalés »

Une situation qui concerne de plus en plus de Français chaque année. En effet, en 2012, cela représentait près de 2 salariés sur 3, soit 37% de la population active. Vingt ans plus tôt, cette situation touchait 15.4% des salariés (3). Un chiffre en constante augmentation et des conditions de travail qui ont un effet direct sur la santé des travailleurs. Quelques conseils en matière de nutrition !

Le travail de nuit

Le travail de nuit est un facteur important de prise de poids. En effet, il modifie structurellement le rythme chronobiologique des salariés entrainant une absence de sécrétion de la mélatonine, appelée aussi « hormone du sommeil ». Cette hormone est majoritairement synthétisée la nuit, avec un pic vers 5 heures du matin, en réponse à l’absence de lumière naturelle. Cela a pour effet d’entrainer une diminution de la sécrétion de leptine qui est l’hormone régulant la satiété et donc la prise de poids.  La mélatonine agit également comme antioxydant (effet positif sur les vaisseaux) et semble aussi jouer un rôle dans le système immunitaire. Afin de compenser les effets du travail de nuit, vous pouvez consommer des aliments riches en mélatonine tels que les noix, les noisettes mais aussi le maïs, les tomates et les pommes de terre.

En outre, afin de préserver les relations familiales, essayez de vous rapprocher au maximum du rythme des trois repas familiaux réguliers, de conserver une alimentation diversifiée et de respecter un cycle jour/nuit sur lequel l’organisme est normalement stabilisé (4).

N’hésitez pas à prendre une collation de nuit : elle favorise l’éveil et va aider à lutter contre l’hypovigilance entre 2h et 4h (5). Moins «riche» qu’un repas, elle doit comprendre un apport en protéines plus qu’en glucides et peu de graisses. Favorisez les aliments à digestion rapide. Une collation idéale se compose : d’un produit céréalier, d’un produit laitier et d’un fruit.

 

 

Le travail posté

Le Travail Posté désigne : « Tout mode d’organisation du travail en équipe selon lequel des travailleurs sont occupés successivement sur les mêmes postes de travail, selon un certain rythme, y compris rotatif, de type continu ou discontinu, entrainant pour les travailleurs la nécessité d’accomplir un travail à des heures différentes sur une période donnée de jours ou de semaines ». Ministère du travail

Travail posté du matin (6) :

 

Travail posté de l’après-midi (6) :

 

(1) INSEE, enquêtes Emploi du temps 1985-1986, 1998-1999 et 2009-2010

(2) Sondage QAPA, «Les habitudes des Français et leurs préférences concernant les repas du midi en semaine», 2015, Sondage réalisé auprès de 22.000 demandeurs d’emploi et recruteurs en juin 2015, répartis sur l’ensemble du territoire français et plus de 15.000 membres sur Facebook.

(3) Etude DARES, «Le travail de nuit en 2012» Août 2014, Bulletin n°064

(4) Gérard Vallery et Caroline Hervet, «Impact de diverses modalités organisationnelles du travail posté sur le sommeil, les comportements alimentaires, la vie sociale et familiale : le cas du personnel soignant en milieu hospitalier français», Perspectives interdisciplinaires sur le travail et la santé [En ligne]

(5) Laurence Plumey (Dr), «Le grand livre de l’alimentation», 2014, Editions Eyrolles

(6) AIST84, CPAM84 et CoDES 84, Livret «Sommeil et alimentation – Santé et travail posté», pp.6-8, juin 2011, AIST84 [En ligne]


Article rédigé par :

Dr Florence Nogues, Médecin du travail au SEST

Pascaline Dumont, Infirmière en Santé au Travail au SEST

Aline Bernard, Infirmière en Santé au Travail au SEST

Elsa Roccia, Infirmière en Santé au Travail au SEST

Aurélie Methion, Responsable Communication

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