Visite médicale

La visite médicale en 3 étapes

Afin que vous puissiez mieux comprendre les objectifs de notre ­mission de ­prévention, nous avons souhaité vous décrire les ­différentes étapes d’une visite médicale au sein du SEST, entretien médicoprofessionnel indispensable pour éviter toute altération de la santé des salariés du fait de leur travail .

1. Accueil du salarié et constitution du dossier médical

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Le salarié est accueilli dans nos locaux par une ­assistante médicale. Celle-ci prépare la partie ­administrative des dossiers médicaux des salariés (nom, prénom, date de naissance, adresse, etc.)

En fonction du poste de travail du salarié, elle ­procède à des tests de dépistage, à la demande du médecin, (test urinaire, test de la vision, etc.).

Le résultat des tests sera ensuite interprété et ­discuté avec le médecin du travail au cours de ­l’entretien médicoprofessionnel.

 

2. Attente en salle d’attente

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Lorsque vos salariés viennent pour une ­visite ­médicale, ils sont invités à patienter en salle d’attente. Ce temps est mis à profit pour prendre connaissance de nos diverses ­informations de prévention grâce à nos ­différents supports (­plaquettes, affiches, flashcodes, borne de ­prévention, etc.)

Vous pouvez consulter nos dépliants,
articles et vidéos sur notre site Internet. (TMS, RPS, ­Manutention manuelle, etc.).

 

 

 

3. Déroulement de la consultation médicale

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La consultation médicale est réalisée par le médecin spécialisé en santé au travail qui est affecté à votre entreprise. Elle a pour but de faire le point sur la santé du salarié en lien avec son activité professionnelle. Elle permet de définir l’aptitude au poste de travail du salarié, et l’examen médical en est un élément indispensable.

Pour le médecin, c’est aussi l’occasion de prescrire des règles d’hygiène de vie, et ce, en fonction des nuisances inévitables du métier. Celles-ci servent à favoriser la prolongation de l’aptitude.

Automne2014-04La consultation se déroule en 2 étapes :
Un entretien médico-professionnel concernant :
• Les antécédents du salarié : professionnels* ; personnels ; médicaux ; chirurgicaux ; familiaux ;
• Sa couverture vaccinale ;
• Son poste de travail actuel et ses expositions (travail en hauteur, produits chimiques, manutention manuelle, bruit, etc.) ;
• Les examens réalisés par l’assistante médicale : lecture, information et commentaire.

*Curriculum laboris

Un examen clinique du salarié, en sous-vêtements, qui permet d’apprécier :
• Sa morphologie (dos, masse musculaire, jambes, bras, etc.) ;
• Son état cardio-pulmonaire (auscultation avec un stéthoscope) et tensionnel (prise de la tension artérielle) ;
• L’état de ses organes par la palpation au niveau de l’abdomen, des ganglions, de la thyroïde, etc.

 

Automne2014-05L’examen clinique peut être plus approfondi en fonction des problèmes de santé du salarié et de ses risques au poste de travail. Si le salarié a besoin d’une explication ou de précisions, il peut naturellement poser la question au médecin.

Au terme de l’examen, le médecin peut être amené à prescrire des examens complémentaires en lien avec le poste de travail du salarié (radiologie, examen sanguin, etc.) et l’orienter le cas échéant vers tout autre professionnel de santé (médecin traitant, etc.).
Il commentera les examens complémentaires prescrits et il complètera l’information sur les risques professionnels.

Au terme de cette visite, l’ensemble des informations recueillies par le médecin lui permettra de donner un avis sur l’aptitude au poste de travail occupé par le salarié.

 


Article rédigé par

Elisabeth Balian, Médecin du Travail

Thierry Berriau, Médecin du Travail

Nabila Boulhram, Psycho-ergonome du Travail

Marie-France Vaillant, Médecin du Travail – IPRP

Illustrations : Ixène

Posted in Dossier, Service.

17 Comments

    • Bonjour,
      Nous vous remercions de votre question. Aucun problème ! Le médecin du travail vous demandera, dans ce cas, de faire le point avec votre médecin traitant et au besoin, de vous vacciner.
      Nous espérons avoir répondu à votre interrogation et vous souhaitons une agréable journée !

      Aurélie – SEST

    • Bonjour,
      Nous vous remercions de votre question. Dans le cas d’un avis d’inaptitude, le médecin du travail (ou un Intervenant en Prévention des Risques Professionnels) doit rencontrer l’employeur dans l’objectif de réaliser une étude de poste. Celle-ci permettra d’évaluer si un éventuel reclassement du salarié inapte à son poste, est possible dans l’entreprise.
      Nous espérons avoir répondu à votre interrogation et vous souhaitons une agréable journée !

      Aurélie – SEST

  1. Bonjour, Si une femme n a pas eu de contrôle gynécologique depuis 2 est ce que le médecin du travail peut proposer cette examen lors d une visite d embauche.

    • Bonjour Madame, Monsieur,

      Le suivi gynécologique ne relève pas du domaine de compétence du médecin du travail. Aussi, il reste à l’appréciation individuelle et ne présente pas de caractère obligatoire.

      En espérant avoir répondu à votre interrogation,
      Vous souhaitant une agréable journée !

      Aurélie – SEST

  2. Bonjour,
    Etant employeur j’ai envoyé mon salarié à la médecine du travail comme il se doit. Par contre l’examen a été pratiqué par un infirmier. Je pensais que cette visite devait être faite par un médecin compétent. De plus mon salarié n’a pas eu d’examen physique c’est à dire pas de prise de tension, pas de prise de poids ect…….. Je trouve la note un peu salée pour un examen où l’on pose seulement des questions. Trouvez vous cela normal ? Je ne vois pas l’intérêt d’une telle visite puisque nous pouvons raconter ce que l’on veut.
    Cordialement

  3. Bonjour,

    Je souhaiterais juste vous informer du léger sexisme dans la formulation « assistante médicale » au lieu du neutre « assistant médical ». (Qui est d’autant plus dommageable que tout le reste est très bien de ce point de vue)

    Cordialement.

  4. Bonjour,

    Existe-t-il des examens obligatoires à passer lors d’une visite médicale? Si oui, pouvez-vous me donner la source légale?

    Merci.

    • Bonjour,

      Il existe bien des examens complémentaires dont la fréquence et la nature sont imposés par le Code du Travail pour certains risques. Pour les connaitre, prenez conseil auprès de votre médecin du travail et de son équipe pluridisciplinaire. Cette rencontre sera l’occasion d’établir ou de revoir la fiche d’entreprise mais aussi de balayer les risques repérés par l’employeur et consignés dans le Document Unique.

  5. Bonjour Madame, bonjour Monsieur,
    Je vous remercie pour votre réponse argumentée. Le thème du déshabillage est effectivement une question sensible dès lors qu’est évacuée la problématique du « consentement » du salarié. C’est pourquoi dans mon enquête je montre que les salariés n’acceptent pas toujours de manière « naturelle » le cadre imposé par le médecin du travail.
    Comme vous l’écrivez justement la visite médicale du travail relève d’une dimension « réglementaire et disciplinaire ». Ce n’est pas un contrat entre deux personnes libres. C’est donc l’imposition d’un protocole arbitraire qui pose problème.
    Votre objection tient pour l’essentiel dans la possibilité d’imputer au médecin (et à l’employeur) leur éventuelle responsabilité dans la dégradation de la santé du salarié si celle-ci est en lien avec son travail.
    Mais cette objection se justifie au cas par cas alors que la demande du déshabillage en sous-vêtement semble devoir être systématique telle qu’elle est présentée du moins sur votre site.
    Ce protocole arbitraire est bien visible dans votre dessin qui montre un ouvrier en combinaison de travail finissant par comprendre la nécessité de l’enlever afin que le médecin puisse lui prendre la tension.
    Pourquoi n’avoir pas montré un médecin du travail en sous-vêtement qui passe sa visite médicale avec un autre médecin du travail ? Le choix d’avoir mis en image un « ouvrier » n’est pas neutre et accentue le rôle de l’expert bienveillant qui domine la situation. A force d’être soumis à l’employeur dans le rapport de subordination au sein de l’entreprise et au processus d’expertise qui le prolonge dans le cabinet médical, le salarié a perdu l’habitude de faire jouer son libre arbitre et adopte ce qui est le plus simple pour lui (même s’il le peut le vivre assez mal sur le moment) : la servitude volontaire.
    Par ailleurs, comment peut-on demander à un salarié de répondre en toute franchise et d’être transparent si la convention est imposée dans le cadre d’un rapport de pouvoir (ou d’une asymétrie dans la relation) qui se termine par une « fiche d’aptitude », elle-même comme vous le savez, remise en cause par de nombreux médecins ?
    De nombreux médecins du travail partagent mes analyses et ne reprennent pas le déshabillage en sous-vêtements qui est donc de moins en moins pratiqué.
    J’ai passé des visites médicales fictives pour mon étude qui a été publié en 2011(en me faisant passer pour déménageur, coiffeur ou cariste) et je ne me suis jamais dévêtu comme vous le montrez sur votre site. J’ai indiqué ensuite que j’étais un sociologue qui faisait une enquête sur la médecine du travail.
    Sur une soixantaine de visites, deux médecins du travail seulement ont un peu insisté pour m’ausculter en sous-vêtements. Je leur ai dit que je n’étais pas fondamentalement en désaccord avec ce principe mais que pour éviter que je ne perçoive une forme déplacée de violence symbolique à mon égard, il serait souhaitable qu’ils se mettent à leur tour (et exceptionnellement) dans la même tenue que moi afin de ne pas introduire de déséquilibre dans les pouvoirs. Aucun médecin du travail n’a insisté et l’examen s’est terminé rapidement.
    Il existe une règle générale mainte fois vérifié car elle relève d’une vérité anthropologique : le pouvoir des experts tient au consentement ou à la passivité de celles et ceux qui veulent bien s’y soumettre. Dit autrement, cela signifie encore que le pouvoir des dominants tient pour l’essentiel au consentement des dominés. Le problème n’est donc pas simplement « d’humaniser » la relation médecin/salarié par un « dialogue compréhensif » mais de changer les règles d’un protocole qui reflète un processus de domination sociale.
    Sincères salutations
    Daniel Bachet

  6. Bonjour,

    Peut-on être déclarée inapte au travail de bureau pour une phobie médicale? (qui me met dans un état lamentable proche du suicide LE JOUR DE LA VISITE et seulement PAR PEUR). Victime d’un v..l durant lequel l’agresseur « jouait au docteur », chaque visite est une épreuve très traumatisante. Le médecin qui m’a reçue n’a pas trouvé mieux que de répondre par « pas normal d’avoir peur d’un médecin, je vous envoie consulter et vous revois dans 2 mois! » Je n’ai pas été assez punie d’être passée au mauvais moment au mauvais endroit??? On va aussi m’interdire de travailler?? Alors que lorsqu’aucun médecin ne rôde autour de moi, je vais très bien!

    • Bonjour Madame,

      Votre phobie « médicale » est tout à fait légitime, du fait de votre histoire de vie, dont vous nous parlez; et nous vous remercions de nous en avoir fait part.

      Comme ce n’est pas qu’en médecine du travail que vous pouvez être amené (e) à avoir à affronter d’autres situations vous mettant en contact avec le milieu médical, pour des soins, ou accompagner vos proches, une prise en charge en thérapie peut vous aider à vous libérer de cette phobie, source d’angoisse, et de reviviscence de votre traumatisme.

      A moins que vous ne l’ayez déjà évoqué avec votre médecin traitant, je vous informe que la prise en charge en psychothérapie cognitivo-comportementale, a été validée comme efficace dans le traitement de ce problème.

      La règlementation actuelle oblige vote employeur à vous faire passer une visite en médecine du travail; le contrat de travail implique cette obligation pour les deux parties. S’y soustraire peut vous mettre dans une position délicate vis-à-vis de votre employeur. Par ailleurs, la visite médicale étant l’occasion de dépister un risque lié à vos conditions de travail, cela pourrait être préjudiciable pour vous-même.

      Ainsi, afin que cette visite puisse se faire de la manière la moins douloureuse pour vous, une prise en charge de cette phobie est, en effet, nécessaire. Le bénéfice recherché l’étant autant pour votre vie personnelle que votre vie professionnelle, dans l’avenir.

      Nous avons un spécialiste au sein du SEST qui se tient à votre disposition, et à celle de votre médecin traitant, pour échanger sur cette possibilité d’aide.

      Bonne journée.

      Enzo du SEST

  7. Bonjour,
    Vous semblez présenter le déshabillage en sous-vêtement lors de l’examen clinique comme un impératif indiscutable pour le salarié. Je souhaitais vous rappeler qu’aucun médecin du travail ne peut imposer un protocole arbitraire de manière unilatérale au salarié. Sinon, il s’agit d’un processus de violence symbolique ou d’infantilisation. Je vous renvoie à l’article que j’ai publié dans la revue « Actes de la recherche en sciences sociales » de juin 2011 (n° 188) sur l’examen clinique.
    Il serait souhaitable de solliciter le consentement du salarié et de le considérer enfin comme un « sujet » et non comme un « objet » à instrumentaliser. Votre bande dessinée s’adresse à des enfants qu’il faudrait éduquer et soumettre à votre protocole et non à des adultes capable de faire des choix.
    Je conseille aux salariés qui viennent dans votre centre de se comporter avec leur « libre arbitre » et de ne pas se laisser intimider par des injonctions déplacées. Vous ne pouvez que solliciter leur consentement et non pas imposer vos choix.
    Tout salarié (e) peut parfaitement conserver son pantalon ou sa jupe durant l’examen clinique.
    Merci de votre attention

    • Bonjour Monsieur,

      Vous soulevez une question sensible, raison pour laquelle nous lui avions consacré un dossier complet.

      Le salarié peut naturellement s’opposer à une demande d’auscultation « en sous-vêtements ». Pour autant, l’article ci-dessus rappelle qu’une visite médicale d’aptitude n’est pas comparable à une visite médicale qu’on pourrait passer, par exemple, chez son médecin généraliste. Outre le fait que dans le second cas, la visite procède d’une démarche volontaire de la personne (alors que la visite médicale correspond à une obligation réglementaire et disciplinaire, à la demande de l’employeur – sauf cas de visite à la demande du salarié), le contenu même de la visite médicale d’aptitude engage la responsabilité du médecin du travail.

      Si pour une raison médicale, le médecin du travail estime qu’une auscultation et/ou une palpation sont nécessaires, le refus du salarié peut poser une difficulté importante : il peut en effet mettre le médecin dans l’impossibilité de prononcer un avis d’aptitude.

      Pour éviter cette situation de blocage, nous préconisons un dialogue entre le médecin et le salarié, ce dernier ayant légitimement le droit de connaître les raisons d’une demande d’auscultation qui pourrait le mettre mal à l’aise.

      Merci de l’attention que vous portez à nos articles.

      Enzo du SEST

  8. Bonjour,
    Pourquoi votre centre d’Issy-les-Moulineaux reçoit les salariés avec une infirmière si cela doit être fait avec un médecin?
    Merci beaucoup.
    Cordialement,

    • Madame, Monsieur,

      Bonjour et merci pour votre question.

      Depuis la réforme des Services de Santé au Travail datant de 2012, les infirmier(e)s du travail (IDEST) renforcent les équipes pluridisciplinaires et travaillent en binôme avec les médecins du travail. Les IDEST accueillent les salariés uniquement lors des visites périodiques et détiennent toutes les compétences requises pour cela car ils ont suivi une formation spécifique. C’est l’Agrément qui nous a été délivré par la DIRECCTE, conformément à la loi, qui nous habilite à embaucher des infirmier(e)s pour suivre vos salariés.

      Par ailleurs, les entretiens infirmiers ont deux intérêts principaux :
      – vous aider à remplir davantage vos obligations réglementaires (l’entretien infirmier « valant » visite périodique) ;
      – identifier, dans certains cas, des problématiques de santé au travail qui ne l’auraient pas été si le salarié n’avait été vu par personne (dans ce second cas, une visite médicale avec le médecin du travail est alors programmée)

      Nous profitons de cette réponse pour préciser que la cotisation n’inclut pas uniquement les visites médicales mais la surveillance annuelle du salarié. Votre cotisation comprend également de nombreux services comme les études de postes, si nécessaire, un accès à notre CME (Cellule de Maintien en Emploi), à nos assistantes sociales ou à notre psychologue du travail, à nos conférences d’information thématiques, nos petits déjeuners d’information, etc.

      Bien cordialement.

      Enzo du SEST

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