Télétravail

Le télétravail est-il avantageux pour mon entreprise ?

Selon une étude datant de mars 2015*, 60% des français souhaiteraient travailler depuis chez eux. Si les salariés montrent beaucoup d’enthousiasme vis-à-vis de ce mode de fonctionnement, les dirigeants peuvent quant à eux se révéler beaucoup plus frileux. Pourquoi ? Parce que pour les employeurs, le télétravail peut être synonyme de manque de performance. Alors… où se situe la vérité ?

Dans ce nouveau dossier nous vous livrons quelques éléments indispensables pour accompagner votre réflexion autour de ce sujet d’actualité. Définition, cadre juridique, avantages et inconvénients de cette organisation… Finirez-vous par adopter le télétravail dans votre entreprise ?

* Odoxa

Les secteurs d’activité où le télétravail est possible

Le télétravail apparaît dans le cadre des évolutions du monde du travail et notamment grâce au développement des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) qui accompagnent l’émergence de nouvelles formes d’organisation du travail. Depuis 2009, nous observons une croissance du nombre d’entreprises qui signent des accords spécifiques sur le télétravail (Aract-Anact). Les secteurs d’activité concernés par le télétravail ? Les métiers des NTIC, du WEB, du consulting, du tertiaire, du coaching, de la finance et de la gestion…

Télétravail

Qu’est-ce que le télétravail ?

La loi de simplification du droit du 22 mars 2012, (qui reprend la définition légale du 19 juillet 2005) désigne le télétravail comme « toute forme d’organisation dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon régulière et volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication dans le cadre d’un contrat de travail ou d’un avenant à celui-ci ». Art. L.1222-9 du Code du Travail

 Le télétravailleur fait référence à tout individu salarié de l’entreprise qui effectue, soit dès l’embauche, soit ultérieurement, du télétravail. Ainsi ce travail s’effectue grâce aux NTIC, hors des locaux de l’entreprise. Cette condition d’exercice est réalisée uniquement sur la base du volontariat et dans le cadre d’un accord écrit. Le télétravailleur bénéficie du même statut juridique que celui des salariés travaillant dans les locaux de l’entreprise. Ils prétendent ainsi aux mêmes droits en termes de rémunération, temps de travail, etc.

Obligations réglementaires de l’employeur (Art. L.1222-9 et 10)

Outre ses obligations de droit commun vis-à-vis de ses salariés, l’employeur est tenu à l’égard du salarié en télétravail :

  • De prendre en charge tous les coûts découlant directement de l’exercice du télétravail, notamment le coût des matériels, logiciels, communications et outils, ainsi que la maintenance de ceux-ci ;
  • D’informer le salarié de toutes restrictions quant à l‘usage d’équipements, d’outils informatiques ou de services de communication électronique et des sanctions en cas de non-respect de telles restrictions ;
  • De lui donner priorité pour occuper ou reprendre un poste sans télétravail qui correspond à ses qualifications et compétences professionnelles et de porter à sa connaissance la disponibilité de tout poste de cette nature ;
  • D’organiser chaque année un entretien qui porte notamment sur les conditions d’activité du salarié et sa charge de travail ;
  • De fixer, en concertation avec lui, les plages horaires durant lesquelles il peut habituellement le contacter.

 

A savoir :

« En cas de circonstances exceptionnelles, notamment de menace d’épidémie, ou en cas de force majeure, la mise en œuvre du télétravail peut être considérée comme un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité de l’activité de l’entreprise et garantir la protection des salariés. L’accord écrit n’est alors plus nécessaire ». Art. L.1222-11 du Code du Travail

4 formes de télétravail

  • Nomade : travail dans des espaces divers lors de déplacements professionnels : aéroport, hôtels, gares, , grâce aux différents types d’outils de communication ;
  • Occasionnel : travail temporaire à distance en raison de contraintes individuelles ou conjoncturelles ;
  • Alternant : alterner entre travail dans les locaux de l’entreprise et travail à domicile ;
  • A domicile : comme son nom l’indique, fait référence à l’activité de travail réalisé à domicile.

Télétravail

Chronologie d’une organisation

Schéma-Chronologie

Que disent les chiffres ?

Ces dernières années, en France, malgré les progrès importants réalisés dans le domaine des TIC[1], levier indispensable pour la mise en place du télétravail, le nombre de télétravailleurs reste faible. Une étude de l’ORSE[2] parue en 2011, met l’accent sur le retard de la France dans ce domaine. A ce jour, seulement 35 entreprises françaises ont signé un accord collectif dédié au télétravail. Selon le Secrétariat d’Etat de l’Economie Numérique, seul 9% de salariés français sont concernés. A l’échelle européenne, 15 à 20% des salariés sont des télétravailleurs.

Pourquoi tant de réticences ?

Deux principales causes expliqueraient la réserve émise par les Directions quant à la mise en place du télétravail.

La première est typiquement française. En effet, dans notre pays, nous avons une forte culture du présentéisme. Pour un manager, le télétravail rend difficile la capacité à évaluer, à distance, les performances d’un collaborateur.

La deuxième réserve est liée au type de poste occupé. En effet, tous les postes ne sont pas transposables au télétravail. De plus, un télétravailleur doit être un salarié maîtrisant parfaitement les compétences inhérentes au poste et suffisamment autonome pour travailler seul à distance.

Et pourtant de nombreux avantages existent…

Le télétravail repose sur l’idée d’un « contrat de confiance entre le manager et le salarié. Il présente de réels intérêts, tant pour le salarié que pour l’entreprise :

  • Moderniser l’organisation de travail et donner une image innovante de l’entreprise ;
  • Réduction de l’absentéisme et amélioration de la productivité ;
  • Réduction des temps passés dans les transports individuels et collectifs ;
  • Réduction des arrêts de travail liés aux trajets domicile/travail ;
  • Économie de locaux et des frais de fonctionnement ;
  • Mode d’organisation mieux adapté aux personnes rencontrant des difficultés momentanées ;
  • Favoriser pour les salariés une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie sociale et familiale ;
  • Développer l’emploi des personnes handicapées ;
  • Opportunité d’aménagement du territoire et de développement économique (lutter contre la « désertification » de certains territoires).

[1] Technologie de l’Information et de la Communication

[2] Observatoire de la Responsabilité Sociale des Entreprises


Article rédigé par

Aline Flower-Rousseau, Psycho-ergonome du Travail

Florence Godinho, Ergonome – IPRP

Illustrations : Ixène

Posted in Dossier, Prévention, Réglementation.

One Comment

  1. Le télétravail est une nouvelle forme de l’emploi avec plus d’indépendance du côté de l’employé et plus d’avantages mais aussi certains risques en coulisse pour les employeurs. Les salariés auront la parfaite maîtrise de leur temps tout en effectuant leur prestation. Les entreprises économiseront plus en matière de location de bureaux puisque les télétravailleurs n’auront pas à se déplacer dans les locaux des sociétés. Le grand risque dans ce domaine, est la sécurité des données qui véhiculent entre les deux entités. Tout se base sur la confiance.

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