RPS

Les Risques Psychosociaux en bref !

Par expérience, nous constatons qu’en matière de risques psychosociaux (RPS), nous confondons souvent les causes, les risques en eux-mêmes, ainsi que leurs conséquences. Ici, notre objectif est de proposer un rappel pour avoir les idées claires à ce sujet.

Lorsque l’on parle de RPS, bien définir les termes, c’est déjà une première démarche de prévention (primaire) !

Quels sont donc les facteurs des RPS ?

Ces facteurs de RPS ont été très bien définis par le collège d’experts coordonné par Michel Gollac qui les a réunis en 6 catégories :

  • Manque d’autonomie ;
  • Intensification du travail ;
  • Rapports sociaux dégradés au travail ;
  • Insécurité de la situation de travail ;
  • Charge émotionnelle importante ;
  • Conflits de valeur et éthiques.

Pourquoi parler de RPS ?

Parce que la notion de RPS désigne des risques pour la santé des salariés qui sont, selon le collège d’experts, « créés par le travail à travers des mécanismes sociaux et psychiques ».

Sous cette catégorie de Risques Psychosociaux on peut retrouver les notions de « stress professionnel » mais également les « violences internes » (harcèlement moral, harcèlement sexuel) et « violences externes ».

Quelles sont les conséquences des RPS ?

L’exposition du salarié à ces risques peut entrainer des Troubles Psychosociaux prenant les formes suivantes :

  • Physiques : fatigue, douleurs, troubles du sommeil et de l’appétit…
  • Émotionnelles : sensibilité, irritabilité, nervosité, angoisse, sensation de mal-être…
  • Comportementales : violence, agressivité, repli sur soi, difficultés à coopérer…
  • Intellectuelles : oublis, difficultés à prendre des décisions ou des initiatives…

 Quand les symptômes s’installent ou s’aggravent, ils peuvent même devenir irréversibles :

  • Maladies (cardiaques, de peau, etc.) ;
  • Dépression ;
  • Burn-out ;
  • Suicide, etc

Il est à noter que les Risques Psychosociaux n’ont pas seulement un impact sur la santé du travailleur. Ils ont également des effets sur les collectifs de travail et peuvent conduire à de la démotivation, une baisse de la créativité, des dégradations de l’ambiance de travail, voir une détérioration des formes de coopération, de régulation, etc.

Enfin, les risques psychosociaux sont également très couteux pour l’entreprise et la collectivité[1]. Même si les études sont encore peu nombreuses pour démontrer les conséquences économiques manifestes, nous pouvons distinguer deux formes de coûts que les RPS peuvent représenter :

  • des coûts directs (dégradation de la productivité et la qualité du travail, détérioration des relations de travail, augmentation des conflits sociaux, des procédures juridiques, atteinte à l’image de l’entreprise, etc.) ;
  • des coûts indirects (augmentation des arrêts de travail, accidents de travail, absentéisme, turn-over, difficultés de remplacer les personnes, etc.).

Ainsi, en ayant une meilleure définition des termes qui définissent les RPS, nous noterons l’importance de les prévenir en analysant à la source, les facteurs déclenchant constituant donc en quelque sorte le terreau des risques psychosociaux. Ils sont à analyser de manière interdépendante dans une observation de la situation de travail.

On peut constater que ces facteurs de RPS sont en progression sous l’influence de l’individualisation des objectifs et de l’intensification des rythmes de travail.

Alors, n’attendons pas pour lutter contre les RPS et privilégions une démarche co-construite au sein des organisations de travail !


[1] En 2007, le coût social du stress professionnel en France est estimé entre 2 et 3 milliards d’Euros pour une population active de 27,8 millions de personnes, soit 10 à 20% des dépenses de la branche accidents du travail / maladies professionnelles de la Sécurité Sociale.


Article rédigé par

Lénaïck Gauthier, Psychologue du Travail – IPRP

Sébastien Baccon, Directeur commercial chez Prévat

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